Une des activités phares en Asie, ce sont les promenades à dos d’éléphants.
Elles font partie des activités emblématiques proposées aux voyageurs en Asie, que ce soit en Thaïlande, au Sri Lanka, au Laos, au Cambodge ou encore en Inde. Ces balades sont souvent présentées comme une expérience unique et traditionnelle, permettant une immersion dans la culture locale.
Pourtant, derrière cette image carte postale se cache une réalité bien plus sombre.
Cette pratique repose sur des méthodes de dressage particulièrement violentes et entraîne des souffrances profondes et durables pour les éléphants.
Dans cet article, nous allons décrypter pourquoi il est essentiel de boycotter les balades à dos d’éléphants, comprendre le calvaire que vivent ces animaux, et quelles alternatives plus respectueuses privilégier lors d’un voyage en Asie.
Bonne lecture,
Clème & Fab
L’envers du décor : ce que cache les promenades à dos d’éléphants
À première vue, monter sur le dos d’un éléphant peut sembler inoffensif, voire romantique. Pourtant, cette activité repose sur une industrie cruelle, qui privilégie le profit touristique au bien-être animal. Pour qu’un éléphant accepte de transporter des humains, il doit d’abord être arraché à sa mère très jeune, puis subir un dressage particulièrement brutal. La souffrance physique et psychologique infligée est immense.
Le problème ne réside pas uniquement dans le fait de porter des touristes sur le dos. L’ensemble du processus, de la capture à l’entraînement, jusqu’aux conditions de vie en captivité est problématique. Le simple fait d’accepter de participer à cette activité encourage un système qui maltraite les éléphants au quotidien.
Comment sont dressés les éléphants ?
1. Le "phajaan" : briser l’esprit de l’éléphanteau
Le dressage des éléphants repose généralement sur une technique appelée “phajaan” en Thaïlande, que l’on pourrait traduire par “briser l’esprit“. Cette méthode consiste à soumettre le jeune éléphant à des traitements violents et répétés afin de le rendre obéissant.
L’éléphanteau est séparé de sa mère dès son plus jeune âge (souvent avant ses deux ans). Il est ensuite enfermé dans une cage étroite ou attaché de manière à limiter ses mouvements. Il est privé de sommeil, affamé, battu à coups de bâton ou de pics métalliques, et subit un stress extrême pendant plusieurs jours, parfois plusieurs semaines.
Ce n’est qu’après avoir été totalement “cassé” qu’il commence à répondre aux ordres. Ce conditionnement repose sur la peur et la douleur, non sur une relation de confiance.
2. Un dressage constant, même à l’âge adulte
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce dressage ne s’arrête pas à l’âge adulte. Pour maintenir l’obéissance, les éléphants continuent d’être contrôlés à l’aide d’outils coercitifs comme le bullhook (crochet métallique) et subissent régulièrement des menaces physiques.
Au moindre écart de l’éléphant, (ou par exemple pour le forcer à s’agenouiller près d’un touriste pour une photo), le mahout (dresseur) n’hésite pas à se servir de son bullhook.
Une pratique qui rappelle immédiatement au pachyderme les traumatismes subis enfant.
L’éléphant, même s’il semble coopératif, n’agit pas de son plein gré. Il obéit pour éviter la douleur. Cette relation est bien loin de l’image d’une complicité entre l’animal et son cornac (dresseur).
Les conséquences physiques et psychologiques pour les éléphants
Pourquoi les promenades à dos d’éléphants causent tant de souffrances
Contrairement aux idées reçues, le dos d’un éléphant n’est pas conçu pour porter du poids. Sa colonne vertébrale, fragile, ne supporte pas les charges lourdes sur la durée. Pourtant, lors des balades touristiques, ces animaux portent souvent plusieurs centaines de kilos !
Une nacelle en métal de plus de 100 kg, deux passagers, et parfois même le mahout (le cornac). On dépasse très largement la limite des 150 kg que leur dos peut supporter sans souffrance.
Les conséquences sont terribles : douleurs chroniques, malformations osseuses, blessures irréversibles. Et ce n’est pas tout. La peau de leur dos, particulièrement fine et sensible, peut littéralement brûler sous le poids et le frottement de la nacelle. Des lésions douloureuses apparaissent, parfois à vif.
À cela s’ajoutent les outils de dressage. Durant les promenades à dos d’éléphants, le mahout dirige souvent l’animal avec son bulhook (comparable à un pic à glace). Un objet déjà utilisé pendant leur “domptage”, et qui continue de marquer leur corps : plaies sur la tête, entailles aux pattes… Un quotidien brutal, dissimulé derrière une activité touristique jugée “exotique”.
Enfin, ces éléphants sont contraints de marcher des heures sur des routes goudronnées et sous une chaleur écrasante. Leurs articulations s’usent prématurément, leurs pattes s’abîment, et les coups de soleil et maladies de peau ne sont pas rares.
Un stress permanent et des troubles du comportement
En captivité, les éléphants ne peuvent exprimer leurs comportements naturels. Ils ne peuvent marcher de longues distances, se baigner ou interagir librement avec leurs congénères. Leur quotidien se résume à suivre des ordres, porter des touristes, et vivre attachés ou enfermés en dehors des heures de service.
Ce manque de stimulation et de liberté engendre des troubles psychologiques. On observe chez beaucoup d’individus un comportement stéréotypé, comme le balancement de la tête, preuve d’un mal-être profond. Certains éléphants peuvent également devenir agressifs, un signe que leur santé mentale est compromise.
Une industrie lucrative et bien rodée
L’exploitation des éléphants à des fins touristiques est un business extrêmement rentable. Les promenades à dos d’éléphants sont loin d’être les seules activités proposées.
Des milliers de voyageurs, mal informés, participent chaque année à ces activités, pensant parfois qu’il s’agit d’une tradition ou d’un acte culturellement respectueux.
Dans de nombreux pays d’Asie, les réglementations sont floues, voire inexistantes. Il n’existe pas toujours de législation claire sur la protection des éléphants domestiques, ce qui rend difficile le contrôle des conditions de vie imposées aux animaux.
Des établissements peu scrupuleux affichent des mentions comme “sanctuaire”, “refuge” ou “centre de conservation” pour tromper les visiteurs, alors qu’ils proposent toujours des activités de balade ou de spectacle.
Au Sri Lanka, c’est le cas par exemple du tristement célèbre centre « Pinnawella, l’orphelinat des éléphants ». A l’origine, ce lieu a été créé pour protéger les pachydermes, mais suite à la mort du fondateur, le centre a été repris par le gouvernement et transformé en business.
Les éléphants qui sont enfermés dans cet endroit participent quasiment tous à la plus grande procession bouddhiste du pays : l’Esala Perahera.
Un festival de 10 jours dans lequel les animaux doivent défiler dans les rues entourées de musique et de cracheurs de feux. Pour couronner le tout, les éléphants sont habillés et leurs pattes sont enchaînés.
Un stress extrême. Quasiment chaque année des éléphants essaient de s’échapper pendant le festival, créant un chaos gigantesque et blessant régulièrement des spectateurs.
Ces exemples sont loin d’être des cas isolés, en Asie 90 % des centres dans lesquels vous pouvez voir des éléphants sont à des fins touristiques.
Les éléphants enchaînés au centre de Pinnawella au Sri Lanka
Industrie lucrative mais pas sans danger
Derrière les apparences festives ou exotiques, l’exploitation des éléphants reste une activité à haut risque, autant pour les animaux que pour les humains. Au Sri Lanka, il n’est pas rare d’entendre parler d’incidents survenus lors de processions religieuses. L’association RARE (Rally for Animal Rights & Environment) tire régulièrement la sonnette d’alarme en partageant des vidéos édifiantes : éléphants enchaînés, surexcités par la foule, les lumières ou la chaleur, qui finissent par s’emballer.
Mais ces drames ne se limitent pas aux temples. Lors des promenades à dos d’éléphants, les animaux effrayés ou épuisés peuvent paniquer soudainement, déséquilibrant la nacelle et projetant les passagers au sol. Certains accidents tournent au drame.
Autre activité à risque : le bain des éléphants.
En 2025, dans le nord de la Thaïlande, une touriste a trouvé la mort après avoir été violemment frappée par la trompe d’un éléphant alors qu’elle participait à une activité de “bain”. Un geste brutal, imprévisible, mais surtout naturel, pour un animal sauvage qui réagit à une situation de stress.
Ces incidents sont rarement relayés dans les médias, mais ils sont loin d’être isolés. Ils rappellent une vérité souvent oubliée : un éléphant, aussi impressionnant que majestueux, n’est pas un animal domestique. Il n’a pas sa place dans un festival, dans une rivière bondée de touristes, ni sous le poids d’une nacelle. Sa place est, tout simplement, dans la nature.
Comment repérer les lieux réellement éthiques ?
Vous savez désormais pourquoi il ne faut pas faire de promenades à dos d’éléphants. Il est temps de vous expliquer comment repérer les centres éthiques en bien-être animal.
1) Fuir toute activité impliquant un contact forcé
Un véritable sanctuaire ne propose ni balade, ni spectacle, ni nourrissage, ni bain avec les touristes. En soit, aucun contact physique avec les pachydermes n’est autorisé. Il permet aux éléphants de vivre selon leur rythme, sans obligation d’interaction avec les visiteurs. L’observation se fait à distance, sans perturbation.
2) Vérifier la réputation de l’établissement
Avant de visiter un refuge pour éléphants, il est essentiel de faire des recherches :
- Lire des avis récents de voyageurs.
- Regarder bien les photos récentes des voyageurs.
- Vérifier l’existence d’une charte éthique claire.
- S’assurer que les animaux ne sont pas enchaînés ou utilisés pour des activités de divertissement.
A NOTER :
Si vous voyagez en Asie avec une agence de voyages alors demandez-leur conseil. Les agences locales comme notre agence Green Walk Tours connaissent les lieux éthiques, nous serons aptes à vous guider dans vos choix.
Quelles alternatives éthiques privilégier ?
Observer les éléphants en liberté
Certaines réserves naturelles permettent de voir des éléphants dans leur habitat, sans interférer dans leur comportement. Au Sri Lanka, par exemple, vous pourrez les voir au cours d’un safari dans l’un des nombreux parcs de l’île.
Soutenir des sanctuaires responsables et des centres de protection
Il existe des vrais sanctuaires qui permettent aux éléphants de vivre une retraite paisible, tout comme il existe des centres de protection.
Ces derniers, en plus de protéger les éléphants ont bien souvent un programme de réhabilitation afin de faire en sorte que les pachydermes puissent un jour être ré introduit en pleine nature.
Je pense notamment à l’ECC (Elephant Conservation Center) ou le Mekong Elephant Park, tous deux au Laos.
Ces centres éthiques offrent des expériences d’observation respectueuses, sans contact forcé. Le tout en sensibilisant les voyageurs à leur travail et à l’importance de protéger les éléphants.
S’informer et sensibiliser
Refuser une balade à dos d’éléphant, c’est aussi une manière de sensibiliser les autres voyageurs. En partageant les bonnes pratiques, on contribue à faire évoluer l’industrie touristique vers un modèle plus responsable.
Les éléphants à ECC au Laos
Quand l’ignorance ou l’indifférence alimente la souffrance
Beaucoup de voyageurs participent à des activités et ou à des promenades à dos d’éléphants sans vraiment savoir ce qu’il se cache derrière. Parfois par manque d’information. Parfois parce qu’il est plus facile de détourner le regard.
Qui n’a jamais vu ces images “trop mignonnes” d’un éléphanteau recevant un biberon, ou d’un touriste qui se douche avec un pachyderme dans une rivière ? Ces scènes font rêver, elles semblent inoffensives. Pourtant, elles cachent une réalité bien sombre.
Un éléphant n’a pas besoin de l’homme pour vivre, se nourrir, ni pour se laver. Ce qui semble être un moment magique pour nous est, pour lui, le début d’une vie de souffrance et de captivité. Derrière ce cliché attendrissant, se cache souvent une séparation brutale d’avec sa mère, des années d’asservissement et un quotidien fait de contraintes.
Les réseaux sociaux ont une part de responsabilité : une jolie photo pour alimenter son feed Instagram pèse souvent plus lourd dans la balance que le bien-être de l’animal. Et pourtant… une simple photo peut faire toute la différence. Si chaque voyageur choisissait de dire non à ces pratiques et de ne pas les promouvoir, ces lieux cesseraient peu à peu d’exister.
⚠️ Tant qu’il y aura de la demande, il y aura de l’offre. Tant que les touristes continueront de payer pour monter sur un éléphant ou nourrir un éléphanteau, l’exploitation perdurera. ⚠️
Quand la tradition devient un argument touristique (et économique)
L’un des principaux arguments avancés pour justifier les promenades à dos d’éléphant repose sur la tradition. En Thaïlande ou au Laos, les éléphants ont longtemps été utilisés pour le travail en forêt : ils défrichaient les terrains, transportaient des troncs, aidaient au quotidien des communautés isolées. Mais aujourd’hui, ces pratiques appartiennent presque entièrement au passé. Les machines ont pris le relais (plus rapides, plus rentables), et surtout bien moins contraignantes qu’un animal à entretenir.
Car oui, s’occuper d’un éléphant coûte cher. Très cher. Et encore plus lorsqu’il s’agit d’une femelle. Au centre ECC (Elephant Conservation Center) au Laos, on nous explique qu’en cas de gestation, une éléphante est mise au repos pendant près de trois à quatre ans. Entre la grossesse qui dure jusqu’à 22 mois et les premiers mois de vie de l’éléphanteau (période durant laquelle il est impensable de le séparer de sa mère) l’animal devient une charge, sans aucune “rentabilité” pour son propriétaire.
Mais dans l’univers du tourisme, un éléphanteau est une mine d’or. Son image attendrissante fait vendre, alimente les réseaux sociaux, et génère des revenus. Peu à peu, les traditions forestières ont été remplacées par une exploitation bien plus lucrative : celle du divertissement.
Alors, la vraie question se pose : si l’on met fin à ces pratiques, comment les propriétaires d’éléphants vont-ils vivre ?
Des alternatives existent.
De plus en plus de sanctuaires responsables rachètent ou louent des éléphants à leurs propriétaires. C’est un compromis qui permet aux mahouts de percevoir un revenu, tout en offrant aux éléphants une vie plus digne, sans chaînes ni sévices.
Dans ces centres, l’objectif n’est plus la performance, mais la préservation. Certains essaient même de favoriser la reproduction naturelle, dans l’espoir de sauver cette espèce emblématique en déclin.
Mais racheter un éléphant représente un investissement colossal. D’où l’importance de soutenir les vrais sanctuaires, ceux qui œuvrent réellement pour le bien-être animal, pas ceux qui se contentent d’en emprunter le vocabulaire.
Conclusion : voyager autrement, c’est possible
Les promenades à dos d’éléphants sont une illusion de tradition. En réalité, elles reposent sur des pratiques de dressage cruelles, une captivité néfaste, et une souffrance animale difficile à imaginer.
En tant que voyageurs, nous avons un rôle à jouer. En refusant ces activités, en nous renseignant sur les établissements que nous visitons, et en choisissant des alternatives plus éthiques, nous pouvons protéger ces animaux majestueux et contribuer à changer le regard porté sur eux.
L’Asie regorge d’opportunités pour découvrir la faune sauvage dans le respect de son équilibre. Il est temps de laisser les éléphants tranquilles, dans leur environnement, et de faire le choix d’un tourisme plus conscient.
Le saviez-vous ? Nous pouvons organiser ou co-organiser vos voyages en Asie ✈️✍️🌴
Nous vivons en Asie depuis 2019 et nous avons parcouru le Sri Lanka de long en large plus de 22 fois.
Autant vous dire que le pays n’a plus beaucoup de secrets pour nous !
Depuis mars 2019, nous organisons des voyages éthiques, proche des habitants, hors des sentiers touristiques et sur-mesure via notre agence locale “Green Walk Tours”.
Depuis 2025 et suite à notre grand tour de repérage en Asie de 2023, nous organisons également des voyages au Laos, au Cambodge, au Vietnam, en Corée, en Indonésie, au Japon et bien sûr encore et toujours au Sri Lanka 😉
Plus de 300 voyageurs nous ont déjà fait confiance pour l’organisation de leur séjour, voici quelques-uns de leurs avis 👉 Page Green Walk Tours avec avis certifiés




karinemademehappy
Je connaissais les conditions de vie déplorables de ces pauvres bêtes… les photos que tu montres n’ont rien de rassurant! Mais, c’est une triste vérité qui doit être mise en avant pour éviter aux touristes de tomber dans ces pièges horribles!
Dress Me and My Kids
Mais quelle horreur, c’est clair que ça fait réfléchir ! C’est vraiment bien de parler de tout ça, il faut informer les touristes !
GirlsnNantes Eva
coucou
je me doutais bien que ces animaux étaient exploités et maltraités.
je ne fais pas ce genre de ballades je trouve ça malaisant
merci d’en parler les gens doivent être au courant !
Laura
Coucou,
Je suis absolument contre tout ce qui touche au animaux de manière touristiques.
Mon fils n’a jamais mis les pieds dans un cirque avec animaux, même avec l’école, j’ai refusé.
Il sait très bien pourquoi, il connaît la souffrance que les animaux endurent.
Une amie est partie en Thaïlande et elle est rentrée toute fière avec sa photo dans un box d’un tigre qui ne disait rien. Il ne faut pas être devin pour voir que l’animal était complètement drogué. Elle ne s’en ai pas rendu compte, elle le pensais “docile”.
Malheureusement, certaines personnes pensent que c’est parfait pour divertir les enfants, par exemple, ou se faire des souvenirs ! Je préfère les observer de loin, aux jumelles, dans leur milieu naturel et en liberté que comme ça.
Belle journée,
Laura – Bambins, Beauté et Futilité