Orphelinats de tortues au Sri Lanka : pourquoi les boycotter !

Parmi les nombreuses expériences proposées aux voyageurs sur l’île de Ceylan, certaines sont plus controversées qu’il n’y paraît. C’est le cas des orphelinats de tortues au Sri Lanka, parfois présentés comme des « centres de protection », que l’on retrouve un peu partout sur les côtes, surtout dans le sud de l’île.

Longtemps perçus comme des lieux d’accueil pour œufs menacés et bébés tortues, ces établissements ont peu à peu changé de visage. Derrière la promesse de « sauver » les tortues, on découvre souvent un business bien rôdé, façonné par l’industrie touristique.

Depuis quelques années, ces fermes à tortues au Sri Lanka se multiplient à vitesse grand V. Elles sont régulièrement mises en avant par les agences de voyages, les chauffeurs privés ou les guides locaux, souvent motivés par des commissions. Le discours est toujours le même : une action en faveur de la biodiversité, un soutien aux espèces menacées… Des initiatives qui se présentent comme                      « écologiques », mais qui masquent en réalité des pratiques discutables.

Sur le blog, on parle souvent du Sri Lanka, de notre quotidien d’expatriés, et des réalités du tourisme dans le pays, sans langue de bois. Le bien-être animal fait partie des sujets qui nous tiennent à cœur. Et c’est précisément ce qui nous pousse à écrire cet article.

Parce qu’assister au relâcher de bébés tortues sous les étoiles peut sembler magique, mais que derrière cette scène digne d’une carte postale se cache bien souvent une mise en scène orchestrée pour satisfaire les visiteurs. Les tortues deviennent alors un outil marketing et leur prétendue protection, un argument de vente.

Alors faut-il vraiment soutenir ces centres ? Ces orphelinats de tortues sont-ils de véritables sanctuaires de protection ou de simples attractions touristiques déguisées ?


Dans cet article, on décortique le phénomène des orphelinats de tortues au Sri Lanka : origine, fonctionnement, dérives, et alternatives plus respectueuses.

Bonne lecture, Passe hamuwemu
Clème & Fab

table des matières

Orphelinats de tortues au Sri Lanka : origine, dérives et réalité sur le terrain

Qu’est-ce qu’un centre de protection pour les tortues au Sri Lanka ? C’est une question à laquelle nous allons tenter de répondre.

Au départ, l’idée des centres de protection pour tortues au Sri Lanka semblait animée par une réelle volonté de conservation. Face à la menace croissante du braconnage, (notamment des œufs récoltés sur les plages pour être revendus ou consommés) plusieurs initiatives ont vu le jour pour tenter de protéger ces espèces en danger.

L’objectif initial était simple et louable : récupérer les œufs avant qu’ils ne soient volés, les incuber dans des environnements sécurisés, puis relâcher les bébés tortues à la mer une fois éclos. Ces projets, parfois soutenus par des ONG et des organismes gouvernementaux comme le Department of Wildlife Conservation, ont été mis en place dans des zones sensibles comme Rekawa, près de Tangalle, où les pontes sont encore aujourd’hui partiellement surveillées.

Mais avec l’essor du tourisme, ces centres ont progressivement changé de visage. L’engouement des visiteurs pour les bébés tortues a créé une forte demande et avec elle, un modèle économique basé non plus sur la conservation, mais sur le profit. Pour s’assurer un afflux constant de touristes, certains centres maintiennent volontairement des tortues en captivité, notamment des nouveau-nés, afin de garantir leur présence toute l’année.

Peu à peu, ces « sanctuaires » se sont transformés en attractions touristiques payantes. Le relâcher de tortues sur la plage (présenté comme une activité éducative et écologique) est souvent mis en scène, regroupant des dizaines de personnes, lampes en main, autour de quelques bébés tortues désorientées par la lumière et le bruit. Ce stress impacte directement leur capacité à rejoindre l’océan et à survivre.

Pire encore, certaines structures n’hésitent pas à retirer les œufs de leur environnement naturel sans autorisation ou sans encadrement scientifique, dans le seul but d’alimenter leur activité. Sous couvert de protection, on assiste parfois à une forme de captation commerciale de la faune sauvage.

Quand le tourisme dénature la mission initiale

À l’origine, ces orphelinats de tortues au Sri Lanka sont nés d’une volonté sincère de préserver une espèce menacée. Mais avec le temps, la cause s’est peu à peu transformée en attraction touristique rentable. Pour répondre à la demande et maximiser les profits, certains établissements maintiennent en permanence des tortues visibles, quitte à compromettre leur bien-être.

Malheureusement, au Sri Lanka, c’est bien souvent le cas des centres de protection pour les animaux. « L’orphelinat des éléphants, Pinnawella », a été créé par un amoureux des pachydermes. Il recueillait les éléphants blessés et les soignait. Malheureusement à sa mort tout a changé. Le refuge a été repris par le gouvernement qui l’a transformé en zoo.

Les guides touristiques jouent également un rôle dans ce système. Beaucoup incluent systématiquement la visite de ces lieux dans leurs circuits. En proposant des excursions avec participation au relâcher de tortues ou donner le biberon à des éléphanteaux, ils perçoivent des commissions. Pratique qui, évidemment les incitent ainsi à perpétuer ce modèle.

Pour les voyageurs, mal informés, cela ressemble à un geste solidaire. En réalité, ils deviennent souvent complices involontaires d’un commerce déguisé en mission écologique et/ou éthique.

Besoin d'aide pour planifier votre voyage ?

Le saviez-vous ?  Nous pouvons organiser ou co-organiser vos voyages en Asie ✈️✍️🌴

Nous vivons en Asie depuis 2019 et nous avons parcouru le Sri Lanka de long en large plus de 22 fois.
Autant vous dire que le pays n’a plus beaucoup de secrets pour nous !
Depuis mars 2019, nous organisons des voyages éthiques, proche des habitants, hors des sentiers touristiques et sur-mesure via notre agence locale “Green Walk Tours”.

Depuis 2025 et suite à notre grand tour de repérage en Asie de 2023, nous organisons également des voyages au Laos, au Cambodge, au Vietnam, en Corée, en Indonésie, au Japon et bien sûr encore et toujours au Sri Lanka 😉

Plus de 300 voyageurs nous ont déjà fait confiance pour l’organisation de leur séjour, voici quelques-uns de leurs avis 👉 Page Green Walk Tours avec avis certifiés

Pourquoi parler de ces fermes à tortues au Sri Lanka ?

En tant que professionnel du tourisme et blog reconnu sur le Sri Lanka, il est de notre devoir d’avertir les touristes sur ces pratiques.
Par manque d’informations sur ce sujet, en 2018 pour notre premier voyage sur l’île de Ceylan, nous nous sommes rendus dans un orphelinat de tortues au Sri Lanka.

Si vous nous lisez depuis quelques temps, vous savez que c’était mon rêve de découvrir ce pays. J’avais donc passé de longues semaines à préparer ce voyage.

En faisant mes recherches, j’avais vu qu’il existait au Sri Lanka, des centres de protection pour les tortues marines. Tous avaient d’excellents retours ! Les voyageurs étaient unanimes, ces centres protégeaient bel et bien les tortues marines au Sri Lanka.

Étant totalement amoureuse des animaux, il était pour moi impensable de ne pas m’y rendre. Mais voilà, une fois sur place, j’ai vite compris que nous étions ni plus ni moins dans un beau piège à touristes.

J’avais pourtant passé de longues semaines à préparer ce voyage et à me renseigner sur que faire au Sri Lanka et pourtant je m’étais bien fait avoir.
Les avis des voyageurs qui ne voulaient pas voir la réalité en face et les retours biaisés des blogs qui vantaient les mérites de ces endroits contre rémunération.
Trop c’est trop, il était temps que cela change et de dénoncer ces endroits.

En parler pour sensibiliser

Sous couvert de « sanctuaires », « orphelinats » ou d’expériences exotiques, de nombreuses activités touristiques impliquant des animaux sauvages continuent d’être proposées au Sri Lanka. Balades à dos d’éléphant, fermes de tortues, spectacles de singes ou charmeurs de serpents : ces pratiques séduisent, intriguent… mais cachent une réalité bien plus sombre.

Pourquoi sont-elles si répandues ? Parce que les animaux rapportent. Leur image attendrit, fait vendre, attire les likes sur Instagram … mais à quel prix ?

La plupart du temps, ces animaux sont maltraités, arrachés à leur milieu naturel et exploités à des fins lucratives. Et ce qui est encore plus triste, c’est que beaucoup de voyageurs participent à ces activités sans savoir ce qu’elles impliquent vraiment. Fascinés par la proximité avec ces animaux sauvages, ils ne perçoivent pas les violences physiques et psychologiques qu’ils subissent en coulisses.

Peut-on vraiment prétendre respecter un animal en l’enfermant dans un bassin pour que des touristes puissent le caresser ? Peut-on croire qu’un éléphant peint des tableaux par plaisir ? Que les bébés tortues relâchés sous nos yeux survivront vraiment à la nature sauvage ?

Non. Ces activités sont loin d’être éthiques. Elles participent, au contraire, à la souffrance et à la détention injustifiée d’animaux qui n’ont rien demandé.

Alors comment agir ? En refusant simplement d’y participer. En s’informant. En partageant. Et en faisant des choix plus conscients, pour un tourisme responsable et respectueux du vivant.

Voici l’avis d’une abonnée du blog et membre de notre groupe facebook concernant les fermes à tortues au Sri Lanka.

Comment se déroule la visite d’un orphelinat de tortues au Sri Lanka ? Notre retour d’expérience

Une visite bien rodée… qui soulève de nombreuses questions

Sur la côte sud du Sri Lanka, en bord de route ou face à l’océan, on trouve facilement ces fameux « orphelinats » ou « fermes de tortues », peu importe l’appellation choisie par leurs propriétaires. Tous fonctionnent peu ou prou de la même manière : un petit bâtiment, quelques panneaux explicatifs sur les espèces locales et une série de bassins où s’entassent des tortues à différents stades de développement.

La visite commence généralement par un espace dédié à l’incubation des œufs de tortues. Selon le discours officiel, tous les œufs auraient été « sauvés » du braconnage avant d’être enterrés là pour éclosion. Une affirmation difficile à vérifier et que personne ne semble vraiment en mesure de justifier.

Puis vient le moment de découvrir les bassins. L’un d’eux attire immédiatement l’attention : des dizaines, parfois des centaines de bébés tortues y nagent en boucle. L’employé explique qu’elles seront bientôt relâchées dans la mer… mais sans donner plus de détails. À ce stade, plusieurs questions légitimes émergent :

  • D’où viennent réellement ces tortues ?
  • Pourquoi sont-elles gardées aussi longtemps en captivité ?
  • Comment s’adapteront-elles à la vie sauvage si elles sont nourries et manipulées quotidiennement ?
  • À quelle fréquence sont-elles réellement relâchées ?

À nos interrogations, les réponses sont restées floues, voire inexistantes.

Puis, sans avertissement, l’employé de cet orphelinat de tortues au Sri Lanka a saisi une tortue et nous l’a placée dans les mains. Une tentative maladroite de créer un moment d’émotion et peut-être de détourner notre attention. Mais cette scène n’a fait que renforcer notre malaise.

Toucher une tortue n’est pas anodin. Le simple contact humain peut lui transmettre des maladies, altérer son odorat ou perturber son comportement. Le geste était peut-être anodin pour lui, mais il révèle surtout un manque de sensibilisation et de considération pour l’animal.

La suite de la visite n’a pas redonné confiance. En discutant un peu plus avec l’employé, il a fini par reconnaître qu’il n’était pas soigneur, mais simplement chargé des visites touristiques. Un rôle de figurant bien huilé, là pour réciter un discours rôdé ; pas pour s’assurer du bien-être des animaux.

En sortant, le constat est amer : tout ici semble construit pour plaire aux visiteurs… pas pour protéger les tortues.

orphelinats de tortues au sri lanka

Orphelinats de tortues au Sri Lanka : Entre pratiques trompeuses et dérives

Une pratique trompeuse : la collecte des œufs « pour leur bien »

Les centres affirment souvent qu’ils achètent les œufs à des pêcheurs ou des locaux pour les “sauver” du braconnage. Mais en retirant systématiquement les œufs de leur environnement naturel, ils créent un cercle vicieux. Cette pratique maintient, voire encourage, un marché noir autour des nids, car les locaux savent que les centres rachèteront leurs trouvailles. En somme, la préservation devient un business.

De plus, les œufs ne sont pas toujours manipulés avec soin et la qualité des incubateurs varie grandement d’un centre à l’autre. Certaines tortues naissent malformées ou trop faibles pour survivre longtemps en mer. Et c’est sans compter sur les tortues qui ne sont jamais relâchées…

Des bébés tortues retenus pour le spectacle

L’une des pratiques les plus controversées de ces orphelinats de tortues au Sri Lanka concerne la rétention volontaire de jeunes tortues dans les bassins des centres. Ces bébés, qui devraient normalement être relâchés peu après leur naissance, sont gardés pendant des semaines, voire des mois. Pourquoi ? Parce qu’ils sont mignons, inoffensifs et attirent les touristes.

Leur présence garantit aux visiteurs qu’ils pourront les voir, les toucher, les prendre en photo. Certains centres vont jusqu’à proposer de les nourrir ou de les tenir dans les mains pour quelques roupies de plus. Des activités qui provoquent stress, blessures et exposition à des maladies.

Orphelinat de tortues au Sri Lanka

Les fausses libérations : une mise en scène pour les touristes

Les centres proposent aussi des « activités de relâcher ». Moyennant un paiement, souvent présenté comme un “don”, le touriste peut participer à un moment soi-disant mémorable : remettre une tortue à la mer. Mais dans la pratique, ces séances sont planifiées, artificielles et loin d’être bénéfiques pour les tortues.

Elles ont souvent lieu en pleine nuit, sous les flashs et lampes de dizaines de touristes rassemblés sur la plage. La lumière désoriente les tortues, qui se dirigent vers l’intérieur des terres au lieu de la mer. Le bruit, les manipulations et le stress nuisent à leur survie. Certaines meurent avant même d’atteindre l’eau.

Où voir des tortues au Sri Lanka ?

Envie de vivre un moment magique avec des tortues marines ? Bonne nouvelle : au Sri Lanka, il est tout à fait possible de les observer en pleine mer, dans leur habitat naturel. Il suffit d’un masque, d’un tuba et vous voilà prêts pour une session snorkeling au Sri Lanka !

Certaines plages sont particulièrement connues pour leurs rencontres régulières avec ces géantes des mers.

Si vous cherchez une expérience plus sauvage, cap sur la côte est, près de Trincomalee. Le parc national marin de Pigeon Island offre de très belles occasions d’apercevoir des tortues, ainsi que des requins à pointe noire qui apprécient eux aussi ces fonds marins préservés.

Et pour les passionnés de plongée, sachez que vous aurez encore plus de chances de croiser ces créatures fascinantes lors d’une sortie en bouteille.

👉 Pour tout savoir sur les meilleurs spots, jetez un œil à notre article complet : Où voir des tortues au Sri Lanka ?

Comment agir en voyageur responsable ?

Il ne s’agit pas de culpabiliser, mais de mieux comprendre pour faire des choix éclairés. Si vous souhaitez soutenir la préservation des tortues au Sri Lanka, voici quelques conseils :

  • Privilégiez les initiatives vérifiables : Certaines ONG locales mènent des actions de protection sans interactions avec les animaux.
  • Évitez les centres qui proposent de toucher, nourrir ou relâcher des tortues.
  • Renseignez-vous avant de participer à une activité : demandez comment sont traités les animaux, combien de temps ils restent au centre et si les relâcher sont adaptés à leur cycle naturel.
  • Lumière rouge : Si vous faites le choix de partir la nuit pour observer la ponte des tortues, assurez-vous d’utiliser une lampe rouge. Ces lampes spéciales ne perturberont pas les tortues.
  • Parlez-en autour de vous : Sensibiliser d’autres voyageurs permet de faire évoluer les pratiques touristiques.
  • Organiser votre voyage avec une agence responsables qui prend en compte le bien-être animal. C’est l’une des priorités de notre agence de voyages Green Walk Tours.

Les « règles » à observer pendant une séance de snorkeling

  • Si vous avez la chance de croiser des tortues, ne les perturbez pas !
    Le mieux est de rester à bonne distance et de les laisser évoluer. Si elles se sentent en confiance, elles nageront à vos côtés. Enfin et surtout, ne les touchez pas.
  • Et surtout, n’oubliez pas de profiter de l’instant présent, de ce magnifique moment qui s’offre à vous avec des tortues …

Orphelinat de tortues au Sri Lanka : ce qu’en disent les abonnés du blog

Nous terminerons cet article avec quelques témoignages et photos reçus sur notre groupe facebook dédié au Sri Lanka.
Parce que bien souvent les images sont plus « fortes » que des mots, je vous laisse juger par vous-même.

Quelle compagnie aérienne pour l'Asie et le Sri Lanka ?

Depuis plusieurs années et même pendant 7 années consécutives, QATAR Airways est restée dans le top 3 des meilleures compagnies d’aviation au monde.

* Conseil : Si vous naviguez avec un bloqueur de publicité, désactivez-le avant de cliquer

Vous n’avez pas trouvé votre bonheur via Qatar Airways ?
Trouvez dès maintenant des vols à prix attractifs via Booking, le comparateur n° 1  ⬇️⬇️⬇️

Vous avez aimé cet article ?

N’hésitez pas à le partager sur les réseaux sociaux 🥰

Vous pouvez également suivre nos aventures via notre page Facebook et notre page Instagram et échanger avec d’autres voyageurs sur le groupe facebook du blog.

Vous pouvez aussi vous abonner au blog en cliquant sur le bouton juste en dessous afin d’être averti(e) dès qu’un nouvel article sera publié !

Merci pour votre soutien 

Poster un commentaire

AUTRES ARTICLES:
Une Pop up qui devrait vous plaire !

Découvrez sans plus attendre notre liste exclusive ⭐ de logements au Sri Lanka & aux Maldives.  Vous y trouverez des hébergements minutieusement sélectionnés, et ce dans toutes les gammes possibles et imaginables ! (homestays, guesthouses, ecolodges, hôtels de charme et bien plus encore💙🏡)

* Pour des recommandations dans d’autres pays, c’est par ici 😉 : (voir les recommandations ailleurs en Asie)